22 août 2008

Posons nous une seconde...

J'approche de la tentaine. Derrière moi, une vie plutot sympa. Adolescence rock mouvementée. Artiste un peu, passionnée beaucoup. Vingtaine peinard, des études plutot prestigieuses. Un mec génial (handsome, corps de rêve, avec un cerveau, un brin caractériel). Des copines au top, aussi différentes qu'exceptionnelles. Un petit troupeau d'animaux. Deux chiens, mon cheval.

Aujourd'hui.

Mon réveil sonne chaque matin à 7h10. Biensur, depuis 6h50, je le regarde toutes les 5 minutes, en espérant que chaque minute s'écoule au rythme d'une heure. A 7h20, je me décide quand même à me lever. J'ouvre la porte, caresse mon chien, et file tout droit sur ma balance, voir si ce sera une bonne ou une mauvaise journée. Poids stable, OK, la journée sera pile ou face. Je scrute ma tronche enfarinée dans le miroir, attache mes cheveux, et hop, petite douche vite fait, habillage, et petit dej. Mon bol de Special K chocolat au lait (ils n'avaient plus de Special K Straciatella au Super Marché) m'attend, baignant dans mon lait bio (bobo attitude j'assume). Il faut que je m'active un brin, je risque le retard. Je me brosse les dents, mets la laisse à mes 2 chiens, et les sort rapidement.

7h50, je m'assois au volant de ma voiture. Ce matin, je n'écoute pas le Mouv', ils sont en vacances. J'écoute le nouveau CD que mon homme a concocté pour moi. Il y a plus de 100 titres dessus. Ce matin, Pascale Picard et Sheryl Crow. Très country. Ca me fait penser à mon petit cheval et à la nouvelle chemise rose à carreau que je viens de m'offrir pour monter.

J'arrive au boulot. Sans aucune motivation, le ciel est menaçant, le temps maussade. Je pousse la porte... qui voila, mon renfort du jour, un ancien dépressif qui ne m'aime pas trop. Je sais qu'il connait ma situation, mais il fait comme si de rien n'était. Comme les autres qui me gratifient de leur gentillesse et de leur regard compatissant de chrétiens (crétins?) du dimanche. L'un me propose une viennoiserie (non, je ne veux rien qui finisse dans mes cuisses ou dans mon postérieur récemment raffermi), l'autre un café (oui, avec 2 sucrettes s'il te plait).

La journée ne commence pas si mal, mais il y a quelque chose qui cloche, je me sens en sursis. Je fais un tour sur mon forum de chevaux, puis décide de me dérider en lisant quelques anecdotes de viedemerde.fr.

Et là c'est le drame. Des prospects rentrent, exigent d'être reçus sur le champs, et devinez qui est la seule à être dispo à ce moment la??? Moi. Youpie.

Ils me noient de demandes auxquelles je ne sais biensur pas répondre. Je begaie, bafouille, cherche des réponses ne sachant plus ou regarder, je regarde la porte, réflechissant à une stratégie pour m'enfuir tout en les laissant plantés la, puis je révise mon jugement et finis lamentablement par un "je vais me renseigner et je vous rappelle dans la journée" afin qu'ils quittent au plus vite l'agence.

C'est reparti. Echec cuisant.Totalement angoissée, ma tête tourne, je n'arrive plus à réflechir ni à penser proprement. Dans la petite trousse transparente de mon sac à main, j'hésite à prendre un lexomil ou un lysanxia. Je sais que les deux vont totalement anesthesier mon cerveau, je décide donc de les laisser là où ils sont et de courir à la pharmacie acheter du Rescue.

Je me décide finalement à saisir mon portefeuille, à en extraire une petite feuille de papier, et à composer sur mon téléphone le numéro qui y est griffoné. A l'autre bout du fil, une voix douce et posée m'accueille avec chaleur. Je m'accroche à cette voix, j'ai l'impression d'être dans un doux cocon, protégée. Je viens de prendre mon premier rendez vous chez une psychologue. Pour une fois, elle n'a l'air ni sèche, ni médicalement stérile (= neutre, = à décortiquer vos mots, l'aird'un Jean Luc Delarue en observation devant une nouvelle expérience), mais plutot avec la volonté de m'aider à trouver la voie. Youpie.

Vous l'avez compris. Je suis en dépression. J'arrive enfin à l'écrire, à l'admettre. Ca a vraiment commencé il y a deux mois. Un jour ou mon corps à dit stop. Un jour ou mon esprit à dit Stop. Un jour ou il a fallu s'avouer vaincu. Mais Vaincu n'est pas Mademoiselle Elle. Non non non. Je m'entraine quotidiennement, avec mon antidepresseur coach, pour lui coller un bel uppercut  (comme Ryu de Streetfighter 2) et l'envoyer définitivement dans les cordes.

Et oui... insidieusement, elle s'est infiltrée en moi... pourquoi? Comment? hummm je vous raconte ou pas?

Posté par 1ceuponatime à 10:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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